Gadlu Reporter Live : Prix de Thèse 2018 du Suprême Conseil de France – 21 juin 2018 – 17 heures

Pour la 2ème année consécutive, le Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Jacques Rozen, remettra le 21 juin 2018, à 17 heures, en direct sur RadioDelta, au siège du SCDF, le Prix de Thèse, cru 2018.

4 Thèses font d’ores et déjà font partie de la sélection finale :

Jeanne-Marie Roux : « Les degrés du silence. De la juste place du sens dans le langage et dans la perception chez Austin et Merleau-Ponty »

Dans sa Thèse, Madame Jeanne-Marie Roux traite du sujet de la place du silence, silence des sens, silence dans le langage, la parole, dans la recherche de l’expression de la Vérité. Elle confronte pour ce faire, les positions de deux personnages, un philosophe, John L. Austin, un phénoménologue, Maurice Merleau-Ponty.

Austin et Merleau-Ponty évoquent un Silence des sens du fait de la neutralité, que tous deux soutiennent, de la perception qu’ils permettent, sur lequel peuvent alors se poser, signes, mots, phases, parole et actes de parole, langage.

La perception, issue des sens, n’étant plus illusoire en elle-même, mais neutre, donc incapable de distinguer le réel de l’illusoire, cette problématique remonte au niveau de la pensée et de son expression, des mots, du langage. Le réel, la vérité peuvent-ils dès lors être nichés dans la parole, dans le Silence sur lequel se pose la parole ? Madame Jeanne-Marie Roux se fixe comme mission de contribuer à répondre à cette question ainsi que sur les comment possibles.

Interview de  Madame Jeanne-Marie Roux :

Marie-Anne MERSCH : « La Franc-maçonnerie et les femmes au temps des lumières : Angleterre, France et territoires allemands »

L’auteur est anglophone et germanophone.

Logique et histoire des loges d’adoption au XVIII° siècle dans trois pays. Différences d’un pays à l’autre. Balayage impressionnant par son exhaustivité de l’ensemble des sources disponibles : discours, presse, chansons, théâtre, poèmes. La maçonnerie d’adoption n’est pas une maçonnerie mixte. C’est une maçonnerie de femmes dont les Ateliers sont dirigés par un homme. Cette configuration a été inventée pour contourner l’interdiction d’admettre des femmes imposée par Anderson.

Madame Mersch doute de l’existence de rituels spécifiques : « les rituels d’adoption seraient une invention purement française issue principalement de sociétés non-maçonniques ». Elle met peu Ramsay en valeur car il n’a pas remis en cause l’interdiction des femmes en maçonnerie édictée par Anderson. Elle remarque des différences assez fondamentales entre territoires. Angleterre ; pratiquement rien. France : très développée et très tôt mais peu d’archive ; Allemagne : surtout à l’est et règles de fonctionnement éloignées de la maçonnerie masculine.

La maçonnerie d’adoption a généré des concepts spécifiques, s’éloignant parfois du symbolisme de la construction : le couple Adam et Ève comme ancêtres au lieu d’Adam, tout court ; le Jardin d’Eden au lieu du Temple ; insistance sur la pédagogie en résonance avec l’éducation des femmes alors très en vogue ; une conception spécifique de l’amour.

Interview de Marie-Anne Mersch :

Sophie Desplanches : « Andrew Michael Ramsay (1686 -1743) : religion, philosophie et pensée maçonnique »

Cette thèse très agréable à lire a été soutenue en 2016 ; elle comporte 3 grandes parties synthétisant la vie et la pensée d’Andrew Ramsay : la religion, la politique et la maçonnerie. L’intérêt de ce travail est d’unifier le personnage multiforme qu’était Ramsay. On comprend surtout comment il s’est construit en tant qu’homme et penseur. Sa « personnalité compliquée, secrète et énigmatique » est, de ce fait, éclairée.

Cécile Révauger membre du Jury de thèse a conclu son intervention lors de la soutenance en disant que : « Malgré quelques réserves, les aspects religieux et politiques sont analysés avec beaucoup de finesse. Cette thèse a un grand mérite, celui de tenir compte de tous les aspects de la personnalité de Ramsay, de son parcours philosophique, religieux, politique et maçonnique. C’est en cela que cette thèse représente une contribution originale à la recherche dix-huitièmiste et que son auteur mérite de devenir docteur. »

Sur le plan religieux : est très bien expliquée sa conversion dans l’entourage de Fénelon puis de Mme Guyon. Les pages (50 et suivantes) sont tout à fait passionnantes quant à son itinéraire religieux et philosophique mais ce qui fait aussi le miel de ce passage est l’échange entre Fénelon et Ramsay.

Sur le plan politique : le parcours stuardiste de Ramsay est bien expliqué avec aussi toutes ses ambigüités ; on retrouve aussi bien son engagement fidèle, sa participation au combat (où il fut fait prisonnier en 1715), ses voyages à Rome, à Paris ou en Angleterre. Il est aussi question ici de politique économique et des formes de gouvernement.  C’est une partie très riche qui appelle d’ailleurs des développements futurs projetés par Mme Desplanches.

Sur le plan maçonnique : C’est peut-être la partie la moins riche de cette thèse mais il a été tellement écrit à ce sujet qu’il est difficile d’aller beaucoup plus loin dans ce domaine. Les versions du fameux discours sont examinées avec attention. Mme Desplanches n’est pas maçonne. La thèse aborde aussi de façon complète « Les Voyages de Cyrus » (pages 87 et suivantes) que certainement peu de Maçons ont lu mais elle considère que cet ouvrage répond aux critères d’un voyage initiatique, ce qui, à mon avis, est le cas.

Interview de Sophie Desplanches :

Francesco Piraino : « Le développement du soufisme en Europe. Au-delà de l’antinomie modernité et tradition »

Il s’agit d’une thèse de sociologie sur le soufisme en Europe. Elle commence par une sorte de présentation des différentes tariqa ; c’est une partie qui est fort intéressante et bien documentée et qui me parait relativement juste. J’ai juste une réticence sur la notion de soufisme sans islam car d’après ce que j’en sait, le soufisme est la partie ésotérique de cette religion, de la même façon, il parait compliqué de parler de Kabbale sans religion juive. C’est peut-être un signe de la confusion du monde moderne. Cependant, l’auteur ne se pique pas d’ésotérisme.

Il rapporte des éléments connus mais nécessaires pour ceux qui ne connaissent pas le sujet concernant les « grands noms » du soufisme en général comme Schuon, Guénon, Meyrovitch …

Il définit dans cette partie ce que représente, en général, le soufisme et quelles sont les particularités du soufisme en Europe, en fait en Italie et en France. Succède à cela une longue partie sur ce que représente la conversion religieuse en général et la conversion en Europe en particulier.

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